Tisková zpráva AIIC k současné situaci v EP – EN a FR znění

PRESS RELEASE
The International Association of Conference Interpreters (AIIC) prides itself on being a diligent social partner with the EU Institutions where it has had Collective Agreements for over half a century, which ensure the high-quality interpretation needed by the European Institutions and offer legal certainty to both parties.
The AIIC Delegations for the EU Sector deplore the unilateral decision by the European Parliament to outsource interpretation for one of its Committee meetings on 27 June 2022 – the very day that interpreters were supposed to initiate strike actions.
Address health issues, don’t outsource them
Since the onset of the COVID-19 pandemic, interpreters have had to work with highly-degraded sound due to remote participation and have repeatedly alerted the EU Institutions about the health issues resulting from this exposure.
Yet, as remote participation has moved from a crisis measure to one of the normal ways of working at the EP, there has been no tangible improvement in the quality of remote connections. Furthermore, the EP has done away with the main exposure-mitigation measures protecting interpreters by imposing normal working conditions as of 13 June 2022, which do not contain provisions for remote participation in multilingual meetings.
The strike actions aim at drawing attention to:
– the health issues faced by interpreters since the introduction of remote participation,
– the lack of technical compliance, and
– the need to discuss and agree upon working conditions that are adapted to the way the EP is likely to carry out its work from now on.
European social model, not social dumping
Interpreting for statutory meetings of the European Parliament (including parliamentary committees) has for decades been provided by mixed teams of staff interpreters and accredited freelance interpreters. The Parliament’s own Code of Conduct on Multilingualism specifies that DG LINC should provide interpreting for these statutory bodies, which has always been organised as described above. The existing agreements have never previously been construed as allowing DG LINC to outsource the provision of interpretation for these bodies to external providers or agencies. Interpreters see this move as an act of social dumping, as well as an attempt to break a strike.
The AIIC Delegations consider that such a move to use non-accredited interpreters, recruited via external agencies, possibly based outside the EU, fails to observe the Conditions of Employment of Other Servants of the European Union (CEOS) and the Collective Agreement between AIIC and the EU Institutions, and seriously undermines the strike action.
We further highlight that high-quality interpretation is a prerequisite to protect the multilingualism enshrined in the European Treaties and is fundamental to MEPs effectively discharging their functions as well as EU citizens following the legislative process within the European Parliament.
We call on the EP:
– to act without delay to mitigate the health issues arising from remote participation and apply the precautionary principle until more relevant data is available,
– to stop outsourcing interpretation,
– to abide by the letter and spirit of applicable texts, and
– to start urgent, meaningful social dialogue in view of agreeing upon a provisional framework for remote participation as soon as possible, and subsequently, a more structural framework which caters to the needs of the EP and offers sufficient protection for interpreters.
More social dialogue, not less
Instead of thinking ahead and engaging with interpreter representatives as they repeatedly called for such a new framework, the EP administration chose to unilaterally impose the least suitable working conditions, even though the EP has another applicable framework that covers remote participation.
The interpreter’s delegations have already made proposals to cater for the interim period in a diligent and open spirit. We hope that these proposals will be seriously considered by the EP administration and that they will serve as a basis to reinitiate social dialogue, which is a key European value.
At a time when the EP must be able to legislate efficiently and when interpreters are faced with grave health repercussions, more social dialogue is needed, not less.
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PRESS RELEASE
L’Association Internationale des Interprètes de Conférence (AIIC) est un partenaire social diligent au sein des Institutions Européennes, y ayant négocié depuis plus de cinquante ans des Conventions Collectives qui garantissent une interprétation de haute qualité nécessaire au bon fonctionnement des Institutions européennes et qui assure la sécurité juridique aux deux parties.
Les délégations de l’AIIC auprès du secteur UE déplorent la décision unilatérale du Parlement européen de sous-traiter l’interprétation pour la réunion de l’une de ses Commissions, le 27 juin 2022 – le jour-même où les interprètes devaient lancer des débrayages.
Traiter des questions de santé, et non pas les sous-traiter
Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les interprètes ont dû travailler avec un son fortement dégradé en raison de la participation en ligne aux réunions et ont régulièrement alerté les Institutions européennes sur les problèmes de santé causés par cette exposition.
Malgré cela, tandis que la participation en ligne est passée d’une mesure de crise à une modalité de travail normale au PE, aucune amélioration tangible de la qualité des connexions à distance n’a pu être constatée. De plus, le Parlement a supprimé les principales mesures d’atténuation des risques liés à cette exposition en imposant les conditions de travail normales à partir du 13 juin 2022. Ces conditions de travail ne prévoient pas la participation à distance dans les réunions multilingues.
La grève vise à attirer l’attention sur :
● les problèmes de santé auxquels les interprètes font face depuis l’introduction de la participation à distance,
● le non-respect des normes techniques
● la nécessité de dialoguer et de se mettre d’accord sur des conditions de travail adaptées à la manière dont le Parlement va probablement mener ses travaux à l’avenir.
Le modèle social européen, pas le dumping social
L’interprétation des réunions statutaires du Parlement Européen (entre autres des Commissions parlementaires) est fournie depuis des décennies par des équipes mixtes d’interprètes fonctionnaires et d’interprètes free-lance accrédités. Le Code de conduite du multilinguisme du Parlement indique lui-même que la DG LINC doit fournir l’interprétation pour ces organes statutaires, ce qui a toujours été fait conformément à ces dispositions. Les
accords existants n’ont jamais auparavant été interprétés comme permettant à la DG LINC de sous-traiter l’interprétation pour ces organes à des prestataires externes ou à des agences.
Les interprètes considèrent ce geste comme une mesure de dumping social, ainsi que comme une tentative de briser la grève.
Les délégations de l’AIIC estiment que le recours à des interprètes non accrédités, recrutés par des agences externes, éventuellement domiciliés hors de l’UE, va à l’encontre du Régime Applicable aux Autres Agents (RAAA) qui régit l’engagement des Interprètes de Conférence et de la Convention collective entre l’AIIC et les Institutions européennes, et sape gravement les actions de grève.
Nous soulignons en outre qu’une interprétation de haute qualité est une condition indispensable pour protéger le multilinguisme consacré dans les Traités. Elle est tout aussi essentielle aux députés européens pour accomplir efficacement leur mission qu’aux citoyens européens pour suivre le processus législatif au PE.
Nous appelons le PE à:
● prendre sans délai des mesures de protection face aux problèmes de santé associés à l’interprétation des participants à distance, et appliquer le principe de précaution jusqu’à ce que davantage de données soient disponibles,
● ne plus sous-traiter l’interprétation,
● respecter la lettre et l’esprit des textes applicables
● entamer sans délai un véritable dialogue social afin de s’accorder le plus rapidement possible sur un cadre provisoire pour la participation à distance, et par la suite, sur un cadre plus structurel, qui réponde aux besoins du PE tout en garantissant une protection adéquate des interprètes.
Il faut plus de dialogue social, pas moins
Plutôt que d’anticiper et de dialoguer avec les représentants des interprètes qui ont pourtant régulièrement appeler à arrêter un tel cadre, l’administration du PE a choisi d’imposer unilatéralement les conditions de travail les moins appropriées, alors même que le PE est signataire d’un autre régime, qui, lui, couvre l’interprétation à distance.
Les délégations des interprètes ont fait preuve d’ouverture et de diligence en formulant des propositions pour un cadre provisoire. Nous espérons qu’elles seront sérieusement prises en considération par l’administration du PE et serviront de base à une reprise du dialogue social, valeur européenne essentielle.
Au moment où le PE doit pouvoir légiférer efficacement, et où les interprètes sont confrontés à de graves répercussions sur leur santé, il faut davantage de dialogue social, et non pas moins.